An 632 – Terreur et luttes de pouvoir au lendemain de la...

An 632 – Terreur et luttes de pouvoir au lendemain de la mort du prophète des musulmans

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— Début de la traduction —

Comment se passa l’allégeance d’Ali bin Abi Taleb

Abu Bakr s’est rendu compte qu’il y a un groupe de gens qui ne lui avaient pas prêté allégeance. Il leur a envoyé Omar.

Omar est arrivé devant la maison d’Ali et a commencé à leur ordonner de sortir. Ces derniers ont refusé.

Il a demandé qu’on ramène du bois et il a dit : je jure au nom de celui qui possède l’âme d’Omar entre ses mains, que soit vous sortez, soit je brule la maison avec tous ceux qui sont dedans.

On lui a dit : O Aba Haffs [1], il y a Fatima dedans [2] ?

Il a répondu : et après !

Ils sont tous sortis et ont prêté allégeance sauf Ali. Il a été prétendu qu’il a dit qu’il ne sortirait pas et qu’il ne mettrait pas son habit sur son dos avant d’avoir fini d’assembler le Coran.

Fatima s’est mise sur le pas de la porte et elle a dit : je n’ai rien affaire avec des gens qui ont été aussi mauvais avec nous. Vous avez laissé le corps du messager d’Allah entre nos mains et vous avez réglé vos affaires entre vous sans nous consulter et sans respecter notre droit.

Omar est revenu chez Abu Bakr et il lui dit : tu ne veux pas t’occuper celui qui ne t’a pas prêté allégeance ?

Abu Bakr dit à Qonfoud, son esclave : va me ramener Ali

Il partit chez Ali.

Ali lui a dit : qu’est-ce que tu veux ?

Qonfoud répondit : le calife du messager d’Allah te demande

Ali répondit : vous êtes très prompts à mentir au sujet messager d’Allah. Va le lui dire

Quand Abu Bakr reçut le message, il pleura très longtemps [3]

Omar dit de nouveau : ne laisse pas de temps à celui qui ne te prête pas allégeance !

Abu Bakr dit à Qonfoud : reviens chez-lui et dit lui le calife du messager d’Allah te demande (et dans une autre version l’émir des croyants te demande) pour prêter allégeance.

Qonfoud est reparti chez Ali et a dit ce qu’on lui a ordonné.

Ali haussa la voix et dit : Au nom d’Allah ! Il est juste en train de prétendre ce qu’il s’imagine

Qonfoud est revenu informer Abu Bakr. Ce dernier pleura très longtemps.

Puis, Omar se leva, prit un groupe d’hommes, et marcha jusqu’à atteindre la porte de la maison de Fatima. Ils frappèrent à la porte.

Quand Fatima les entendit, elle hurla aussi fort qu’elle put : Mon père ! O messager d’Allah ! Que nous font vivre après toi ibn al-Khattab et ibn Abi Qohafa ! [4]

Quand les hommes ont entendu ses pleurs et ses cris, ils sont partis les larmes aux yeux et pleins d’émotion. Omar est cependant resté avec quelques personnes. Ils ont sorti Ali et l’ont emmené chez Abu Bakr.

Ils lui dirent : prête allégeance !

Il a dit : et si je ne le fais pas, il se passe quoi ?

Ils ont dit : nous jurons au nom d’Allah qu’on te frappe au cou ! [5]

Ali répondit : vous seriez capables de tuer un serviteur d’Allah et le frère de son prophète ?

Omar répondit : le serviteur d’Allah, oui. Mais le frère de son prophète non.

Abu Bakr gardait le silence et ne disait rien.

Omar lui dit : tu ne veux pas donner des ordres à son sujet ?

Il répondit : je ne veux pas le forcer tant que Fatima est à ses cotés

Ali est parti et il arriva sur la tombe du prophète. Il commença à pleurer et crier : O toi mon frère, ils m’ont maltraité et ils ont failli me tuer !

Omar dit à Abu Bakr, qu’Allah les bénisse [6] : allons chez Fatima, nous avons dû la fâcher

Ils sont partis chez elle. Ils ont demandé l’autorisation de rentrer chez elle, mais elle n’a pas répondu. Ils ont alors parlé à Ali qui les a fait entrer.

Quand ils se sont assis, il elle a tourné son visage vers le mur. Ils l’ont saluée avec le Salam mais elle n’a pas répondu.

Abu Bakr parla : Toi la bien aimée du messager d’Allah. Je jure que j’aime la famille du messager d’Allah plus que la mienne. Je t’aime plus que ma fille Aicha. Quand ton père est mort, j’aurais voulu mourir aussi et ne pas rester après lui. Sauf que j’ai entendu ton père le message d’Allah que Dieu le bénisse dire : « nous ne laissons aucun héritage. Tout ce que nous laissons part en charité ».  [7]

— Fin de la traduction —

 

Notes de traduction :

[1] : Aba Haffs, veut dire « père de Haffs » et c’est le surnom d’Omar ibn al-Khattab

[2] : Fatima bint Mohammed. La fille du prophète. Il semblerait qu’un des hommes d’Omar ait cherché à le raisonner en disant que Fatima est dans la maison avec les opposants au califat

[3] : Abu Bakr et d’autres califes sont tout le temps représentés en train de pleurer. C’est une manière de dire « ce sont des sentimentaux ». Certains recueils, comme Mousnad Ahmed Ibn Hanbal frisent la caricature dans ce domaine. Sachant qu’Abu Bakr faisait bruler les gens vivants en masse, il est très peu probable qu’il soit la « madeleine » que l’on décrit. L’auteur, pro-califat, a dû rajouter cela pour tenter très maladroitement d’adoucir le personnage au risque de le représenter comme mentalement instable.

[4] : Abu Bakr ibn Abi Qohafa est le nom complet du premier calife Abu Bakr. Ce nom est rarement utilisé et il est un peu dérogatoire.

[5] : On t’égorge. Ici c’est probablement Omar qui parle mais l’auteur reste vague pour éviter de trop le mouiller

[6] : on reconnait les auteurs sunnites parce qu’ils bénissent les califes et autres hommes politiques quand ils les citent.

[7] : A partir de là commence un dispute au sujet des biens du prophète. Le nouveau calife veut tout prendre à Fatima. Son idée était de la laisser, elle et son mari, sans argent pour éviter qu’ils ne puissent fomenter une résistance ou une opposition à son règne. La citation d’Abu Bakr selon laquelle les « prophètes ne laissent rien en héritage » vient de sa fille Aicha et femme du prophète. C’est elle qui va soutenir ceci pour déshériter Fatima qui était la fille de Mohammed avec Khadija. Aicha haïssait Fatima, son mari et ses enfants. Une sorte de jalousie de femme qui n’aime rien qui vienne du précédent foyer de son mari. Plus tard, quand le calife Uthman arrive au pouvoir, il va déshériter Aicha en utilisant ses propos contre elle. Elle piqua une colère noire et appela à ce qu’il soit assassiné.

L’auteur explique ensuite que Fatima est morte « 75 nuits plus tard ».

NB : le Coran donne un exemple clair d’un prophète laisse un héritage à son fils… mais nos seigneurs hommes de pouvoir savent mieux. Voir verset

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Source :

Al Imama wal Siyassa

De : Ibn Qotayba

Pages 30 et 31

 

 

Analyse :

Voilà notre seigneur Omar, terrorisant notre seigneur Ali parce que ce dernier ne veut ne pas prêter allégeance à notre seigneur Abu Bakr…

Il y a même des histoires où notre seigneur X a tué notre seigneur Y et les musulmans doivent dire : vivent nos deux seigneurs.

En tout cas, dans l’islam majoritaire : Omar, Ali et Abu Bakr sont officiellement au-dessus de la justice divine (« moubacharoune bil jannah »). Par contre dès qu’il s’agit de pouvoir, personne ne reconnait personne.

Le bois autour de la maison et le feu, ce n’est pas trop dans mentalité d’Omar. Lui est plutôt « je frappe au gourdin ». D’ailleurs, quand il sera plus tard calife, il n’utilisera pas le feu. Le pyromane dans l’affaire c’est Abu Bakr. C’est lui qui aime faire des buchers et jeter dedans ceux qui le contredisent.

On peut imaginer que le bois autour de la maison de Fatima était plutôt l’idée d’Abu Bakr même si Omar en était l’exécutant.

A travers cette histoire qu’on peut confirmer bribe par bride depuis d’autres auteurs / livres, on voit que dès le début, les luttes de pouvoir ont était la norme dans l’histoire islamique. Plus tard, le gagnant créé des dogmes, des hadiths, fait écrire des livres… et finalement crée encore du sunnisme à sa propre gloire.

 

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5 COMMENTS

  1. Il faut absolument ecrire des livres tu seras une superstar mondiale et tu ouvriras les yeux sur cette saloperie qu’est l’islam d’aujourd’hui. Pas etonnant que la societe arabo musulmane soit arriérée sur TOUS les plans.

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