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— Début de la traduction —

Allah dit : « et qu’on demandera à la fillette enterrée vivante, pour quel péché elle a été tuée. » [1]

[…]

L’enterrée vivante : ensevelie de terre jusqu’à la mort. C’était la fille qu’on enterrait vivante. Ils lui creusaient un trou et la jetaient dedans puis balançaient de la terre dessus.

Quand Dieu dit « pour quel péché elle a été tuée. », cela veut dire qu’elle n’a commis aucune faute qui mériterait qu’on la tue. Le crime retombe sur celui qui l’a tuée.

Par contre, le crime est tellement grave que la question est dirigée vers elle pour faire pleurer ses parents.

Et il est venu d’après Omar – qu’Allah le bénisse – qu’il disait : avant l’islam, une chose me faisait pleurer et une autre chose me faisait rire.

Ce qui me faisait pleurer : j’ai été avec une fille à moi pour l’enterrer. Je lui ai creusé une fosse alors qu’elle secouait la poussière qui s’accrochait à ma barbe ne sachant pas ce que j’allais lui faire. Quand je pense à elle, je pleure.

Et l’autre : je fabriquais une divinité en dattes et je la posais près de ma tête pour qu’elle vieille sur moi durant la nuit. Quand je me réveillais le matin en bonne santé, je mangeais la divinité. Quand je pense à cela, je rigole de moi-même.

— Fin de la traduction —

 

Notes de traduction :

[1] : Versets 81:8 et 81:9 (voir les versets)

 

 

Page(s) :

 Adwaa-63

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Source :

Adwa’a al-Bayane

Mohammed Amine al-Chanqaytti

Volume 9, page 63

NB : L’auteur de ce livre d’exégète est né en 1905 et mort en  1974. C’est un sunnite et un des membres fondateurs de la Ligue Islamique Mondiale gérée depuis l’Arabie Saoudite.

 

Analyse :

Cette histoire est littéralement un viol de l’humanité de millions d’enfants auxquels on la raconte souvent vers l’âge de 5 ou 6 ans.

Mon fils, notre seigneur bien aimé le calife Omar ibn al-Khattab était tellement sensible et avait un cœur tellement grand, que lorsqu’il se rappelait qu’il avait enterré sa fille vivante, il pleurait. Elle cherchait à enlever la terre qui s’accrochait à sa barbe alors que lui, il l’enterrait vivante !

Le but de cette histoire est d’imprimer dans la tête de l’enfant que l’homme de pouvoir, le calife, est toujours un modèle parfait quoi qu’il fasse. Même s’il enterre une fillette vivante, il est notre exemple. Nous devons détruire notre humanité, inverser tous nos repères moraux pour que lui reste honorable dans l’affaire.

Un calife fait une saloperie ? Changeons donc les repères moraux et les notions de bien et de mal de générations de musulmans pour que la saloperie du calife devienne une bonne chose.

Notez que juste après, il raconte une anecdote qui le faisait rire. C’est un peu comme si un criminel racontait au juge qu’il pleure quand il se rappelle comment il a tué sa victime mais qu’il éclate de rire quand il se souvient de l’émission de télé qui passait en ce moment-là. L’association de ces deux histoires dans le même narratif a pour but de banaliser le crime et montre que le gars en question n’a pas de regrets sincères et n’a tiré aucune leçon à partager.

Notez qu’à l’âge de l’internet, des dizaines de forums et autres sites commencent à remettre en cause cette histoire qui a été racontée tel quel à des générations d’enfants. Enterrer pour toujours ces anciennes horreurs, c’est peut-être déjà un début de réforme ?

En tous les cas, quand on lit les très nombreuses histoires du calife Omar battant les femmes, on se rend compte que sa haine maladive et hystérique des femmes est probablement la source de la misogynie qui règne dans les sociétés musulmanes.

De plus, si Omar n’a pas commis ce crime, il reste donc à savoir à qui s’adressent les versets 81:8 et 81:9…

Omar enterre sa fille

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En 2015, à Tripura en Inde, un habitant du nom d’Abdul Hussein, a tenté de faire la même chose que son idole en enterrant sa fille de 10 ans. Elle a été sauvée in-extremis. Articles avec images : ici, ici, ici… Les sociétés finissent toujours par ressembler à leurs modèles.

Télécharger le livre PDF en Arabe pour vérifier vous-même :

thumbnail of Adwaa-al-bayane-volume-9

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3 COMMENTS

  1. J’ai cru comprendre que cette histoire datait d’avant que Omar devienne calife et même d’avant qu’il ne devienne Musulman. Bien sûr et bien que le but ait été d’illustrer son changement de valeurs le fait qu’il l’ait accolée à celle de l’idole en dattes est assez choquante et je doute qu’il ait versé les larmes qu’il dit avoir versées que ce soit avant ou après qu’il ne soit devenu Calife mais quand même l’acte est à mettre sur le compte du Bédouin païen Omar et non du Calife Omar. Si l’infanticide des filles était réellement pratiqué et si l’Islam y a mis fin alors c’est une des très rares choses qu’il ait fait de bien.

  2. “Si l’infanticide des filles était réellement pratiqué et si l’Islam y a mis fin alors c’est une des très rares choses qu’il ait fait de bien.”

    Il s’agit plutôt d’une légende car seuls les textes musulmans se réfèrent à une telle pratique, et que les arabes pré-islamiques avaient 5-8-10 femmes par hommes comme en témoignent aussi ces mêmes sources (tafsir de S4.3). Historiquement on sait aussi que les lois Hittites et Assyriennes prévoyaient des sanctions très dur contre l’avortements et que les régions désormais muslims ont connu avant l’islam des reines célèbres (Saba au Yémen, Dihya en Afrique du nord, Zénobie en Syrie, Cléopâtre en Egypte).

    Je penche plutôt pour une légende, un conte qui faute d’en parler nourrit l’imaginaire de la perversion… et par habitude de l’islam, il n’est pas impossible que ça soit une projection de pratiques inassumées en son sein transferées sur d’autres (les infidèles falsifient les textes, ils shirkent, ils mentent, ils nous persécutent, ils vous aliènent, etc)… c’est le maladif d’un récit fondateur blâmeur.

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